Sous le Second Empire, commencèrent à  arriver les artistes  attirés par la qualité de l’environnement.

Le peintre Amédée SERVIN, né en 1820 à  Paris, eut le coup de foudre pour notre village et la Pays Créçois, avant de devenir la « Maître de la vallée du Morin ». Amédée SERVIN, élève de DROLLING, camarade d’atelier de HENNER, ULMANN, BAUDRY puis de DIAZ, DUPRE, ROUSSEAU et MILLET, invitait ses condisciples à  Villiers pour partager avec eux sa joie de représenter la vie rurale du Village, de retrouver les lumières toutes en nuances des paysages de la vallée, et de fuir Paris, qui déjà  alors étouffait la plupart des sites de son environnement. Il crée en 1860 le « Cercle Artistique de Villiers » et venir de nouveaux peintres et artistes: Ferdinand LUNEL, élève du baron GEROME, de CARAN d’ACHE et ami de RENOIR, lui-même « meilleur ennemi » de HENNER. Puis la liste s’allonge: SERRIER, BOETZEL, OSTOLLE-DELAGE (mort en 1900 anciens sociétaire des peintres français), LANGEVAL, CLAUDON, BLIGNY DUBOIS, SAINT ALEXY.

En 1896, Lili GRENIER, élève de la princesse MATHILDE et modèle de DEGAS, achète une première maison rue du Touarte avant de réunir plusieurs maisons de Montaigu et d’y construire « sa maison ». Elle fut la femme d’Albert GRENIER, élève avec Louis ANQUETIN et TOULOUSE LAUTREC, de Ferdinand CORMON, qui fit venir à  Villiers ses condisciples: Emile BERNARD, Maurice DENIS, TOULOUSE LAUTREC. On signale aussi le séjour d’Armand GUILLAUMIN.

Suzanne VALADON, élève de HENNER, et son fils Maurice UTRILLO séjournent au petit Mortcerf… La liste est encore longue !

Sans pouvoir les nommer tous on pense aussi aux: artistes amateurs, doués dans d’autres disciplines, écrivains trop vite disparus, conteurs, généalogistes, historiens savants comme le regretté rené BLAISE auteur avec madame GERVAIS de la passionnante étude sur « Crécy en Brie et la Vallée du Morin ».

En 1890, Eugène Ancelin , chef de la fanfare , inaugure en 1890 le cercle artistique (notes G Husson) qui se réunissait à l’emplacement de l’ancien restaurant de « la clé de champs » (restaurant Borniche en 1905 sur la place de l’église).

Ce restaurant devint l’hôtel du grand Morin vers 1930 (maison Duvinage).

En 1900 Villiers attire les artistes. On y compte sept auberges, soit environ une pour 70 habitants.On y trouve les peintres Serrier, Ostolle, A Grenier, Langeval, Claudon, Bligny et le graveur Boetzel.

Ces peintres logent dans les hôtels d’alors Ancelin, Vautrin (le souterrain) , auquel succédera Lhuillier jusqu’en 1925, puis Victor 1930 et Verteneuil, Million. Certains de ces peintres décorèrent les murs des auberges en règlement de quelques repas bien assurés. Ces oeuvres disparurent progressivement avec le temps ou furent « démontées » par des amateurs « éclairés ». Plus tard vinrent : T Lautrec, C Serveau, D de Segonzac, Menon, Georges Rault.

Jules Grenier
Jules Grenier

Amédée Servin est né à Paris. Son père, mégissier, déçu par l’échec de son fils dans les études, le place en apprentissage chez un tapissier. Il y apprit l’importance du détail pictural nécessaire à l’élaboration du « carton » dessiné servant de support à la réalisation des tapisseries qui sont aujourd’hui un objet d’admiration.

Mais Servin voulait dessiner et peindre. Il entre encore très jeune à l’atelier Drölling qui fermera ses portes lors de la révolution de 1848. Il deviendra alors l’élève de Picot à l’école des Beaux Arts.

Après sa formation dans ces ateliers renommés, Servin arrive à Barbizon en compagnie de Diaz, Millet, Rousseau…

Il part alors en voyage. Vallée du Rhin, Auvergne, Normandie, Bretagne , Hollande… Il termine son périple à Villiers en 1857. Il y restera jusqu’à sa mort.

Amédée Servin s’installe à l’auberge du pont de Villiers, tenue par Aimé Douet, face à la gare. Ses amis de plus en plus nombreux viendront le rejoindre. Il achète alors une maison où il s’installe avec sa femme et il crée alors le cercle artistique de Villiers sur Morin avec Jules Grenier devenu son ami. Cette association est aujourd’hui réactivée et très active.

Servin est sans conteste le peintre qui a marqué le village. C’était un joyeux drille, aimé de toute la population. Il s’était lié d’une grande amitié avec Jules Grenier (1844-1888), fils d’un modeste vigneron, qui devint handicapé à la suite d’une mauvaise fièvre typhoïde.

monument
monument
Buste
Buste

Il reçut de nombreuses récompenses dans différents salons pour ses vues de la Brie, intérieurs d’artisans ou paysans, et ses scènes de la vie rurale.

Sa femme disparaissant en 1872, le cœur n’y est plus, son œuvre devient inégale et il disparaît en 1884.

Une souscription de ses amis et admirateurs a permis avec l’aide de la commune d’ériger sur le pignon Est de sa maison, au carrefour de la rue de Picardie et de la rue de Paris, un monument offrant son buste en haut relief. Cette œuvre fut exécutée par le sculpteur Falguières, son ami ,laquelle fut surnommée  » le maître de la vallée du Morin  » . Henner vint une dernière fois à Villiers pour l’inauguration du bâtiment, en 1888, quatre ans après la disparition du peintre.

L’original est aujourd’hui présenté dans une salle de la mairie.

Jules Grenier est né et mort à Villiers (1844-1888), fils d’un modeste vigneron, devint handicapé à la suite d’une mauvaise fièvre typhoïde. Il fut le propagateur de la sténographie en Brie et fonda un cercle de gazettes sténographiques.

Son oeuvre principale s’intitule « la Brie d’autrefois », recueil de mœurs et de coutumes de la vallée du Morin, réédité en 86 par les éditions Amatteis.

Grenier consacra ses dernières forces à un projet de ligne de chemin de fer entre Esbly en Coulommiers. Il a en partie réussit, le train s’arrête aujourd’hui à Crecy.

A la mort de Servin, Jules Grenier lança une souscription à la mémoire de son vieil ami. Une médaillon en bronze, oeuvre du sculpteur Falguières fut accrochée au monument construit en commémoration.

Elle est aujourd’hui conservée à la mairie et a été remplacée par une copie, décourageant ainsi les tentatives de vol.

Dunoyer de SEGONZAC est né le 7 juillet 1884 à Boussy-Saint-Antoine et mort le 17 Septembre 1974 à Paris.

En 1900, élève de l’école des Beaux-arts de Paris.En 1903, entre à l’atelier privé de Luc-Olivier Merson.

En 1907, il est l’élève de Jean-Paul Laurens, fréquente l’Académie « la Palette à Montparnasse », fait la connaissance de Luc-Albert Moreau et de Boussignault avec lequel il partage un atelier.

Ses premiers dessins sont publiés en 1908 dans « la grande revue » et « le témoin ».

La même année, il commence à exposer aux Salon d’Automne, et aux Salon des Artistes Indépendants.

À peu près indifférent aux révolutions esthétiques contemporaines, il entreprit , avec Boussignault et Moreau , de ressusciter le réalisme de Courbet en exécutant des natures mortes, des nus, des paysages, dans une pâte épaisse et maçonnée.

À partir de cette période , louant une maison appartenant a Signac, il découvre les paysages de Saint-Tropez , auxquels il restera fidèle et ou il vécut jusqu’à la fin de sa vie . Toutefois, il n’y séjournait que préférentiellement à la belle saison, pour le reste, au contraire il mena une véritable vie de nomade, à la recherche du motif surtout à travers l’Iles de France, la Vallée de Grand Morin, et notamment Villiers, Feucherolles, chennevières, etc.

De 1914 à 1918 , mobilisé dans l’infanterie il fit la guerre durement. Il exécute de nombreux dessins de guerre, précieux pour leur valeur artistique et documentaire.

Dès 1919 il figure de nouveau dans de très nombreuses expositions, dont les principaux salon Parisiens. Il apparaît en ce début d’après guerre comme le principal représentant du Réalisme Traditionnel.

Un peu plus tard, le peintre KWAPIL habite la rue du Touarte dans la maison des GRENIER, André de BELLE-ROCHE, acquéreur plus tard du moulin de MARTIGNY. DUNOYER de SEGONZAC vint fidèlement chaque année à Villiers jusqu’à ce que ses forces ne lui interdisent. Après la seconde guerre mondiale, à Montaigu, se cotoyaient PL MENON, G RAULT, FOULET, SIMON, le sculpteur DEBON et le peintre graveur SERVEAU qui habitait la maison d’Albert Grenier.

Pendant la seconde guerre mondiale, Jean BRULLER juif hongrois, plus connu sous le pseudonyme de Vercors y ecrivit  » le silence de la mer  » en 1942 après avoir créé avec Pierre Lescure les Editions de minuit. Son livre traduit en 25 langues fit l’objet d’un film très connu.

Une plaque offerte par la mairie et inaugurée en 2000 marque son lieu de résidence rue du Touarte. Le sculpteur MILLERET et son épouse Dominique ROLLIN furent aussi les hôtes du village.

Villiers a aussi attiré quelques Japonais, comme YUZO SAEKI en 1928 puis FOUJITA et ASEKAWA.

Heureuse histoire qui se perpétue au travers du passage dans notre commune du compositeur Marc VELLA, de la cantatrice Joelle BALESTIER, des sculpteurs Martine de FILICI et Martine LEE, et des peintres comme Micha TAUBER..Plus précisément le maire actuel de la commune, Daniel CHAMAILLARD, est lui même artiste peintre.

Sans pouvoir les nommer tous on pense aussi aux: artistes amateurs, doués dans d’autres disciplines, écrivains trop vite disparus, conteurs, généalogistes, historiens savants comme le regretté rené BLAISE auteur avec madame GERVAIS de la passionnante étude sur « Crécy en Brie et la Vallée du Morin ».

Le 14 septembre 1990 , Villiers sur Morin a fait revivre le cercle artistique. Le but de ce groupement est de permettre à tous les amis des arts, des Lettres, des Sciences des deux vallées du Morin , de se connaître, se lier d’amitié sans distinction de tendances artistiques, littéraires ou scientifiques; de célébrer la mémoire et continuer la tradition des artistes ayant autrefois habité notre région (extrait des statuts).

Aujourd’hui il s’agit aussi d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine artistique et naturel ainsi que les recherches sur l’histoire, voire même la petite histoire de notre commune. Son siège est implanté au siège de la mairie.

À l’occasion des journées du patrimoine organisée au sein du district du Pays Créçois, le Cercle Artistique à eu l’occasion de présenter en 93 les collections de la mairie, en 94 quelques toiles « impressionnistes » commentées, en 95 l’habitat local, en 96 la vie à l’époque « Gallo-romaine » et a contribué à la restauration d’une toile du 17ème évoquant St Rémi.

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