À l’époque gallo-romaine, un village est établi au sud du territoire et deux villas y sont implantées, l’une sur le plateau et l’autre dans la vallée du Morin.

Dès l’époque néolithique, des hommes vivent sur le site de Villiers, comme en témoignent les haches polies trouvées çà et là. On y trouve également des silex taillés et des traces de fondations. Une pièce à effigie de l’empereur Commode atteste de la présence romaine. Diverses haches ont été découvertes aux abords notamment des collines au Nord de Crécy.

Villiers: Ce nom a pour origine « villa » qui désignait jadis une grosse construction romaine située au Sud de la commune et qu’on peut considérer comme le point de départ du village. Dès l’occupation de la Gaule, les Romains installèrent des domaines ruraux dans les zones fertiles: Les villas. Celles ci avaient en charge le ravitaillement des légions . Certaines atteignaient des dimensions importantes auxquelles s’ajoutaient les dépendances. Le terme de ville n’apparut qu’au 5° siècle.

En 1082 on note l’appellation de « Villaris ». Le nom actuel date de 1530.

À l’emplacement actuel du château (ferme de Chelles) se situe le plus ancien village gaulois identifié. Son nom était LORCIENNE(S) ou l’URSINE.

Cette terre seigneuriale appartenait à l’abbaye de Chelles qui la garda jusqu’à la révolution. Toutefois il existait , à côté de petits fiefs, laïques ou non, dont les chanoines du chapitre de Meaux étaient les gros décimateurs. Ils relevaient des comtes de Champagne et de Brie, et à partir de la réunion de ces provinces à la France en 1285, au roi qui avait un château à Crécy.

Au rôle des vassaux d’Henri 1er « le libéral » , an 1172, un nommé Manasses- Goartz de Villiers sur Morin figure comme homme lige (ethym: dévoué) du comte de Champagne et un nommé Pierre de Villiers est cité « pour ce qu’il a à Copevrès (Coupevray) », dont les seigneurs au 17°siècle, les Rohan-Montbazon, princes de Guéménée, acquerront les fiefs de Villiers. Un seigneur de Coulommes, Claude de Bertin de Dreslincourt, était en 1703 seigneur des fiefs de Liambourie et du Colombier sis en la paroisse de Villiers sur Morin.

On note l’existence d’une commanderie templière à Montaigu, hameau de Villiers en 1202.

Autres noms désignant Villiers : Villatis(1082), Villariis (1228), Villaris (1082) , Vilers (1260), Villaribus super Mucram (1268), Villiers sur Morain (1541).

Les chevaliers du Temple (d’après  Eugène Manier 1872)

En 1202 les Templiers possédaient un moulin à Montaigu.

En 1237, « Hugues de Chatillon, comte de St Pol et de Blois prenait en arrentement de frère Ponse d’Albon, Commandeur des maisons du temple en France, ses moulins de Montaigu, « molendina sus de Monteacuto », savoir, le moulin d’Orval (aujourd’hui Drevault) et les trois quarts du moulin de Saulx (Moulin de La Sault), avec les 4 deniers de Jean l’Ecuyer Scutifer qui rendaient par an, pour le dernier quart de ce moulin ». Le prix de cet arrangement consistait en une rente annuelle de quatre muids de grain que Hugues de Chatillon s’engageait à livrer aux frères de la chevalerie du temple de Choisy, moitié à la Noël , moitié à St Jean Baptiste (*arch natles 5008/7).

Au 12° siècle, une partie de la terre et seigneuries de Montaigu fut cédée aux templiers par Drogon, fils de feu Gautier, seigneur du dit Montaigu, ainsi qu’il résulte des lettres de l’Official de Meaux, du mois d’Avril 1244 (*arch natles 5008/50).

En 1285, les Templiers firent l’acquisition d’une maison, des enfants de feu Jean de Voulangis, Cette maison d’après la charte d’acquisition tenait à celle de la chevalerie du temple. (*arch ntles 5008/16)

Gautier de Chatillon Connétable de France et Seigneur de Crécy par ses lettres du mois de Septembre 1287, avec le consentement d’Isabelle de Dreux, sa femme leur octroya deux bois. Ils purent ainsi  augmenter leur domaine et en rendre le revenu plus considérable. (*arch natles 5008/40).

En 1367, la maison de Montaigu avec ses dépendances fut donnée par Robert de Juilly, grand prieur de France à sa sœur Jacqueline de Juilly veuve de Messire Baudart de Mein. Cette dame devait jouir viagèrement de la maison, de la rente des moulins de Montaigu et d’une autre rente de vingt livres « tournois » sur le péage de Crécy. Ces rentes cessèrent d’être payées lorsque les moulins et le péage n’appartinrent plus au Duc d’Orléans, et devinrent la propriété du roi.

En 1376, les arrérages que le Roi accorda l’année suivante à son receveur de Meaux de solder et d’en continuer à l’avenir le paiement comme par le passé. (*arch natles 5007/28&29).

En 1565 Montaigu appartenait à Jean Thiboust.

Le revenu de Montaigu était de 350 Livres en 1633 et de 973 livres en 1783.

La guerre de cent ans au Château de Montaigu : « d’après Amédée Le Paire 1880 »

En 1411, l’animosité des pays d’Armagnac et de Bourgogne avait rallumé la guerre civile. Pendant cette période, la Brie occupée par les Armagnacs fut livrée à tous les hommes de guerre de ce temps. L’état du pays était des plus misérables.

« en Brie, brigans se mirent sus, spécialement par les bois, et s’y estoient assemblés bien cinq à six cens, vers le château de Montaigu. Le baillif de Meaux se mit sus pour y remédier et en fit pendre que tuer en la place bien quatre cens. Et aussi le pays fort se dépeuplait, les uns s’en allaient en pays lointains où il n’y avait point de guerre, et les autres on tuait ou mourraient de faim.

Ce château était situé à Villiers sur Morin et bâti sur une colline qui domine la vallée du grand Morin. Il appartenait aux chevaliers de St jean de Jerusalem. »

Légendes sur Montaigu

Souterrains – *Archives nationales de 1565 ( N988) – Raconté par J Grenier

Il y aurait encore des voûtes souterraines ayant toutes la forme des prisons seigneuriales du temps passé qui existaient probablement à l’époque des templiers. Les caveaux à peu près inaccessibles et dont rien ne constate ni l’origine et l’usage ne sont pas d’une construction ni d’un vignoble assez renommés pour laisser supposer de vastes caves  où les nobles chevaliers auraient serrés leurs récoltes vinicoles qu’ils s’attirèrent la réputation de faire aimer.

Terrier des seigneureries de Voulangis, Montbarbin et Montaigu (695 feuillets)

Cette légende fut très contestée par M Lhuillier (éminent historien de l’histoire de Villiers), lequel prétend qu’il s’agit d’anciennes carrières qui auraient été maçonnées, mais qui en aucun cas ne permettaient de rejoindre le manoir des Dames de Chelles situé sur la commune de Couilly).

Le puits – Jules Grenier 1887

D’après la tradition, les derniers templiers ayant occupé la maison que cette corporation habitait à Montaigu, y auraient été surpris dans un moment de trouble. Ils furent massacrés et leurs corps jetés dans le puits de la cour comblé par la suite.

Ce puits fut ensuite recouvert d’une large dalle et lorsque les derniers bâtiments eurent disparus, la terre fut ramenée par-dessus, puis cultivée comme on la voit aujourd’hui. A la suite de ce sanglant événement, la maison fut abandonnée, les âmes des templiers reviennent parfois la nuit traînant de lourdes chaînes. Les habitants ne s’aventurèrent plus vers ce lieu hanté à la nuit.

Au siècle dernier

De célèbres peintres comme G. Rault et Clément Serveau (qui gravait les timbres de collection) ont habités ce hameau.


*Arch Natles = Archives nationales

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